Chaque semaine, le dessinateur Pitch Comment et la rédaction de Heidi.news partagent leur regard sur l'actualité. Cette fois-ci, on se penche sur l'accord insaisissable entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre un terme à la guerre démarrée par les premiers le 28 février – et rouvrir le détroit d'Ormuz.
Le président américain Donald Trump a quitté vendredi soir 29 mai une réunion de deux heures consacrée à un éventuel accord avec l’Iran sans prendre de décision, selon un haut responsable de l’administration cité par le New York Times, bien qu’il ait laissé entendre sur les réseaux sociaux qu’il avait l’intention de «prendre une décision définitive» lors de cette réunion dans la Situation Room de la Maison Blanche.
On ignore la raison de cette indécision. Le président avait insisté, dans un message publié sur Truth Social avant la réunion, sur le fait qu’un accord prolongeant le cessez-le-feu impliquerait la réouverture du détroit d’Ormuz par l’Iran, l’engagement de ne jamais développer de bombe nucléaire et l’autorisation donnée aux États-Unis de retirer leur uranium enrichi. L’Iran a rejeté ces conditions à plusieurs reprises.
Guerre totale ou accord historique?
Pour sa part, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a déclaré vendredi aux médias d’État iraniens que les négociations en cours avaient une portée limitée et n’incluaient pas la question nucléaire. Ces derniers jours, les deux parties se sont livrées à des échanges de tirs, et Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de revenir à une guerre totale.
Puis il a affirmé qu’un accord conduirait les États-Unis à lever leur blocus naval contre les navires et les ports iraniens, afin de permettre la réouverture du détroit d’Ormuz. «Les navires bloqués dans le détroit en raison de notre incroyable et sans précédent blocus naval, qui va désormais être levé, peuvent entamer leur “retour à la maison”!» , a-t-il écrit.
Missiles et sondages au plus bas
En vérité, un accord à ce stade semble offrir à l’Iran une importante victoire: la République islamique retrouverait l’accès à ses avoirs gelés à l’étranger et pourrait engranger à nouveau des milliards de dollars de recettes pétrolières. Côté américain, c’est la soupe à la grimace: un accord serait pour le président une porte de sortie dans une guerre profondément impopulaire qui a fait exploser les prix du pétrole.
Mais 38 jours de guerre et 53 jours de cessez-le-feu ponctués de frappes de part et d’autre n’ont rien apporté de plus que le «deal» conclu par le président Barack Obama en 2015 que Donald Trump a déchiré en 2018, au contraire: l’Iran a pris le contrôle du détroit d’Ormuz, maintenu sa capacité de nuisance et garde la main sur son uranium enrichi. Côté américain, les stock américains de missiles sont au plus bas, tout comme la cote de popularité du président.